Partager l'article ! Pourquoi le maire de Ploemeur veut-il construire autant de HLM ?: Les 9 programmes HLM en cours : Briantec/Quéhello-le-Floch  ...
Les 9 programmes HLM en cours :
Briantec/Quéhello-le-Floch : 230 logements dont 95 HLM ; Lomener (7, route du Pérello) : 6 logements HLM ; Place Anne et Paul Bidan (Centre-ville) : 8 logements HLM ; Ancien terrain de l’Espérance, route du Fort-Bloqué : 65 logements dont 46 HLM ; Ancien terrain de la Sauvegarde de l’Enfance au Guermeur : 31 logements dont 18 HLM ; Boulevard des Sables Blancs, Le Fort-Bloqué : 19 logements dont 6 HLM ; Le Divit : 13 logements dont 4 HLM ; Lann-er-Roch : 31 logements dont 30 HLM ; Foyer-logement Pierre et Marie Curie : 50 logements HLM. Total : 453 logements en construction dont 263 HLM.
Les projets :
Le Ter/Keradehuen : sur une surface équivalente à celle du secteur de Briantec, le maire a décidé d’implanter 50% de logements sociaux, soit plus de 100 HLM ; Ancienne Ecole Saint-Joseph (Centre-ville) : plusieurs opérations immobilières se profilent sur cet emplacement, y compris sous forme de logements HLM (50?) ; Foyer-logement du Vallon de Breuzent : après revente à un promoteur, le site pourrait accueillir de nombreux logements dont une bonne partie en HLM (50?). Total : entre les constructions en cours et les logements projetés, ce sont près de 463 HLM qui seraient réalisés par la municipalité dans les années qui viennent.
Pourquoi autant de HLM à Ploemeur ?
Ploemeur compte 607 logements locatifs aidés sur un total de 7727 résidences principales. Pour atteindre le taux de 20% prévus dans la loi de l’ancien ministre communiste François Gayssot, dite « Loi de Solidarité et de Rénovation Urbaine », il faudrait construire 938 logements locatifs aidés au cours des vingt prochaines années. Pour y parvenir, la municipalité propose d’en réaliser 140 au cours de la période 2008-2010. Nous ne soutenons pas ce projet.
1) La définition des logements sociaux n’est pas adéquate
Le « soi-disant » déficit ploemeurois en logements sociaux est très artificiel. En effet, n’entrent pas dans le calcul les logements en accession sociale à la propriété, dispositif qui permet aux familles les plus modestes de devenir propriétaires. Or, à Ploemeur cette forme d’accession à la propriété a toujours été pratiquée. Si l’on tenait compte de cette réalité sa situation apparaîtrait bien différente !
2) La surenchère dans le taux de réalisation de logements HLM est illégale et inefficace
La loi Gayssot impose aux communes de disposer de 20% de logements locatifs aidés. Ceci ne veut pas dire que tout programme de construction doit comporter 20% de logements sociaux. C’est pourtant l’interprétation erronée qu’en a faite la communauté d’agglomération du Pays de Lorient qui a fixé un taux de logements sociaux de 25% sur son territoire. La commune de Ploemeur va plus loin encore puisqu’elle a décidé, d’une part, d’appliquer la règle à tout programme d’au moins 4 logements (contre 10 auparavant) et, d’autre part, de relever le taux de 25 à 30% ! Nous nous opposons à cette politique. En effet, la construction de logements sociaux est, d’abord, l’affaire des communes et il ne faut pas demander aux promoteurs privés de faire le travail à leur place. En second lieu, en imposant 30% de logements sociaux dans tout programme de plus de 4 logements, la commune se singularise dans le Pays de Lorient et pousse les investisseurs privés à aller s’implanter ailleurs. Enfin, les nouvelles dispositions se heurtent à des difficultés pratiques : comment gérer un logement HLM inséré dans une résidence privée de quatre logements ?
3) Les besoins de logements sociaux à Ploemeur sont peu importants
Contrairement à une idée répandue, le nombre de demandeurs de logements sociaux à Ploemeur est d’un montant modeste et pourrait être facilement satisfait : au 1er janvier 2008, il y avait exactement 129 demandes en attente, 66 émanant de Ploemeurois d’origine (soit 51%).
4) L’ampleur du programme de constructions HLM ne répond pas à un besoin avéré mais à des préoccupations électorales
Si en effet les demandes en logements sociaux des Ploemeurois sont modestes et pourraient être facilement satisfaites, pourquoi le maire de Ploemeur s’acharne-t-il à vouloir construire autant de logements HLM ? On compte aujourd’hui 263 logements en cours de construction et il y en a presque autant de prévus à moyen terme : pourquoi construire 463 HLM à Ploemeur pour 66 demandes exprimées par des Ploemeurois ?
La réponse est d’ordre politique : il s’agit d’amener à Ploemeur une population nouvelle dont le maire attend un bénéfice électoral. En effet, la grosse différence entre la construction privée et les logements sociaux est que, dans le premier cas, la mairie ne peut pas sélectionner les acheteurs alors qu’elle peut choisir les locataires de ses logements sociaux !
Mais cette politique a deux graves conséquences. Ploemeur a toujours eu une population de classe moyenne. Vouloir en faire une seconde Lanester changera sa composition sociologique : les catégories aisées pourront toujours s’y installer mais les classes moyennes seront chassées par la hausse des prix du foncier et de l’immobilier qui résultera de l’accaparement des espaces constructibles pour la réalisation de HLM, le phénomène est déjà sensible. Les populations défavorisées que le maire veut attirer à Ploemeur ont deux caractéristiques qu’il ne faut pas oublier : elles sont grosses consommatrices de services publics et elles ne paient pas d’impôts. Elles créent donc des charges nouvelles pour la population en place sans amélioration des services rendus.
Nous désapprouvons ces choix qui ne vont pas dans le sens des intérêts de la commune.
Loïc TONNERRE